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Les rocailleurs aux XVIe et XVIIIe siècles.

La rocaille(2) est utilisée, en France, principalement à partir du XVIe siècle. La renaissance, grâce aux artistes italiens puis français redécouvre les grottes de la Rome antique. Dédiées aux nymphes, ces rocailles, grottes artificielles sont des édifices sacrés(3). Au XVIIe siècle et XVIIIe siècle, les grands jardins des châteaux se sont embellis de magnifiques rocailles, fausses grottes, fontaines et bassins, faux rochers, sont partout présents. Charles Berthier(4) est sans doute le plus célèbre rocailleur (celui qui travaille en rocaille(5), terme apparu au XVIIe siècle) de Louis XIV mais il y eut d’autres rocailleurs présents au château, Edmond Théroude, Philippes Quesnel, Jean Delaunay(6) et bien d’autres encore qui exécuteront pour le Roi de nombreuses rocailles. En 1671, le 3 mars, nous retrouvons des versements effectués à Edmond Théodore et Philippes Quesnel, rocailleurs, « pour des rochers de rocaille qu’ils ont faits à Versailles et avoir fait voiturer lad. rocaille. ». Le 26 mars et 17 juillet à Edmond Théroude « pour fourniture et voitures de rocailles et pierres de molière pour les fontaines de l’Estoille et de l’Amphithéâtre à Versailles. ». Le 26 avril et 3 octobre à Charles Berthier et Philippe Quesnel, rocailleurs, « pour les journées et payement d’autres ouvriers et rocailleurs, et fournitures de coquillages et rochers pour l’estoille, l’amphithéâtre et la montagne du petit parc de Versailles. », le 26 mars à « Charles Berthier, rocailleur, à compte des ouvrages de rocaille qu’il fait aux bosquets de Versailles. ». En 1678, Berthier, rocailleur, recevait 2,400 livres pour « l’entretènement de toutes les rocailles et grottes de Versailles. »(7) . Notons que c’est Berthier, rocailleur, qui exécuta la montagne d’eau et ses décorations. D’autres noms reviennent comme Hardy et Pajot, tous deux sculpteurs et rocailleurs, qui travaillent à Versailles mais aussi au château de Marly. Saint-Germain, Versailles, Meudon mais surtout Marly voient façonner des grottes, des nappes de fontaines(8) . La rocaille est sous le règne de Louis XIV liée directement à l’Art des jardins, à l’ornementation, elle est un Art d’appropriation de la nature, d’imitation, de trompe l’œil. Les rocailleurs sont souvent des artistes, qui en ont quelquefois le titre ou mériteraient de le posséder, ils sont rocailleurs puis pour certains également peintres ou sculpteurs.

Fig. 1 – Définitions recueillies dans le « dictionnaire de l’orthographe française » de 1792 (source Gallica).

Fig. 1 – Définitions recueillies dans le « dictionnaire de l’orthographe française » de 1792 (source Gallica).

2 « Cailloux, coquillages qui ornent une grotte, une voûte, une salle ». Dictionnaire universel de la langue française, rédigé d’après le Dictionnaire de l’Académie, et ceux de Laveaux, Gattel, Boiste, Mayeux, Wailly, Cormon, etc. Tome 2 / par Ch. Nodier et V. Verger. Ed. 1835.
Le « nouveau dictionnaire illustré », édition de 1905 donne la même définition.
3 Architecture rustique des rocailles, Michel Racine, édition du Moniteur, 1981.
4 Rocailleur en titre dès 1672 qui reçoit 2000 livres puis 2400. Drouard, rocailleur, remplacera Berthier en 1685. (Comptes des bâtiments du Roi), Bulletin du Muséum d’histoire naturelle 17-02-1903.
5 Dictionnaire universel de la langue française, rédigé d’après le Dictionnaire de l’Académie, et ceux de Laveaux, Gattel, Boiste, Mayeux, Wailly, Cormon, etc. Tome 2 / par Ch. Nodier et V. Verger. Ed. 1835.
Le « nouveau dictionnaire illustré », édition de 1905 donne la même définition.
6 Mort à Paris le 14 septembre 1668 et inhumé le même jour dans l’église Saint-Roch, qui portait le titre « d’ingénieur et de rocailleur ordinaire du Roy ».
7 Comptes des bâtiments du Roi sous le règne de Louis XIV. Tome premier, Colbert, 1664-1680 / publ. par M. Jules Guiffrey,… – 1881-1901
8 Bulletin du Muséum d’histoire naturelle 17-02-1903.

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